Rencontre avec l’arche de Noé. Le ferry à bord duquel nous embarquons mêle un surprenant parfum de halle aux poissons et de bergerie. 4 jours au milieu des fjords avec pour seuls compagnons de voyage des dizaines de moutons et probablement une centaine de vaches. Le quart des bêtes ne survivra pas à la traversée nous prévient-on. Gageons que la loi de l’évolution de l’espèce sera respectée et que nous autres, pauvres pécheurs, survivront à l’hécatombe. Ce soir avis de tempête. Enfin quand je dis tempête il s’agirait plutôt d’une grosse houle. Mais avis de tempête ça fait davantage aventurier. Ils ont déjà vendu tout le stock de pilules contre la nausée. Alors je pris dans ma couchette pour ne pas avoir à brasser une toute nouvelle bière locale. J’en profite aussi pour me faire une nouvelle amie. La lune. Seul point fixe à l’horizon quand tout s’anime autour de vous. Notre arche de Noé s’est improvisée parc d’attraction. Et les vagues ont vite fait de jouer les montagnes russes. Seul bémol, le croissant de la lune a décidément une drôle d’allure. Inversé. Hémisphère austral oblige. C’est aussi bien de le savoir. Sinon t’as le sentiment d’être saoul avant même d’avoir la nausée. Et quand ça tangue sur le pont, mieux vaut se dire qu’on a encore les idées claires. Après quatre jours de traversée nous rejoignons enfin Puerto Mont. Nous quittons le ferry et ses odeurs de mal de mer imprimées un peu partout sur le pont. Non contents d’avoir rejoint le plancher des vaches, nous laissons cette fois-ci derrière nous la Patagonie et ses fjords. Direction le nord du Chili. Pendant que Jean Paul II est en route pour les nuages nous rejoignons d’autres mirages. Ceux du désert de l’Atacama. |